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ActualitésOn aime16 mai 2022by contact@arcos-solution.comDialog’ avec Jean-Luc Moudenc , Maire de Toulouse & Président de Toulouse Métropole

Bonjour Jean-Luc MOUDENC et merci tout d'abord d'avoir accepté notre invitation pour ce premier RDV de « DIALOG '». DIALOG' a pour vocation d'inviter un personnage public, politique, économiste, chef d'entreprise, sportif à dialoguer sur les enjeux du moment. Dans ce contexte de morosité, il était important d'entendre à la fois l'avis du Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole sur la situation actuelle, la crise économique qui touche notre région et sur les Grands chantiers qui vont transformer notre quotidien sur Toulouse et sa région.

Bonjour Jean-Luc MOUDENC et merci tout d’abord d’avoir accepté notre invitation pour ce premier RDV de « DIALOG ‘».

DIALOG’ a pour vocation d’inviter un personnage public, politique, économiste, chef d’entreprise, sportif à dialoguer sur les enjeux du moment. Dans ce contexte de morosité, il était important d’entendre à la fois l’avis du Maire de Toulouse et Président de Toulouse Métropole sur la situation actuelle, la crise économique qui touche notre région et sur les Grands chantiers qui vont transformer notre quotidien sur Toulouse et sa région.

Avec la crise économique que nous avons traversé, comment la Métropole a permis d’amortir le choc économique ? 

Dès le début de la crise sanitaire, nous avons adopté l’emploi, associé à l’action de l’Etat et des autres collectivités territoriales d’un montant global de 95 millions d’euros. Nous l’avons voulu comme un outil pour limiter des effets de la crise, mais également pour préparer la relance et le rebond de notre économie: A titre d’exemples, je peux citer le fonds congrès en faveur du tourisme, notre soutien à la fédération des commerçants pour les accompagner dans la numérisation des commerces. Pour soutenir nos acteurs locaux, nous avons également adopté en 2021 une Programmation Pluriannuelle d’Investissements offensive qui prévoit plus de 7 milliards d’euros d’investissement par la Mairie de Toulouse, Toulouse Métropole, Tisséo et ses satellites de Toulouse Métropole sur la durée du mandat, dont pas moins de 4,2 milliards seront consacrés aux problématiques de mobilité

Comment la Métropole accompagne les entreprises locales, de toutes tailles, dans la commande publique ? 

Dans la continuité du Small Business Act, la charte des marchés publics, adoptée en Novembre 2014, facilitant l’accès à la commande publique des PME et véritable levier pour le développement économique et pour l’emploi, nous avons favorisé l’ouverture à la concurrence des marchés de travaux d’un montant inférieur à 80 000 € HT, avec publication sur la plateforme dématérialisée pour une durée minimale de 15 jours, et diffusion auprès des organismes consulaires et professionnels.

Nous avons également permis l’allègement, voire la fin dans certains cas, du formalisme des procédures de publicité et de mise en concurrence pour ces marchés aux montants modestes. Notre objectif : donner de la lisibilité aux entreprises locales sur les commandes à venir et favoriser, par la simplification administrative, leur réponse aux appels d’offres.

Avec ce dispositif, nous avons favorisé la réponse des entreprises locales à nos marchés publics, ainsi que la création d’emplois locaux. Toutefois, nous ne disposons pas à ce stade de chiffres précis, seulement des retours d’entreprises locales qui ont pu avoir accès à nos marchés publics, ce qui a permis de booster leur activité dans une période délicate.

Quels sont les moyens mis en œuvre pour faire face à l’augmentation de la population de la Métropole ? 

Le défi climatique va nous amener à des évolutions, et la Loi Climat et Résilience votée par le Parlement puis entrée en vigueur en août 2021 va accélérer le rythme de ces évolutions. Nous ne pouvons plus nous permettre de consommer des terres agricoles pour construire des zones pavillonnaires. Les dégâts écologiques sont trop grands. Il faut aussi plus préserver la nature pour que nos villes soient plus respirables et aérées. Puisque pour faire face à la très forte demande de logements, il nous faut continuer à construire, la contrepartie, c’est de construire plus haut, pour laisser plus d’espace à la nature au sol. J’ai conscience que les Toulousains sont habitués à une ville plutôt basse souvent faite de pavillons. A nous de prouver que notre ville peut conserver son identité tout en permettant, à certains endroits, de « monter plus haut » et de construire un peu plus de densité, mais sans la densification outrancière et agressive dont je ne veux pas.

Ce sera un effort à fournir pour tous. Les constructeurs doivent s’engager pour des logements de meilleure qualité, plus écologiques, plus fonctionnels tandis que l’architecture doit être plus belle et plus qualitative. Les Toulousains doivent, eux, comprendre qu’on ne peut pas toujours aspirer à la fois à la nature en ville et à une ville constituée uniquement de maisons individuelles. Ce n’est pas ainsi qu’on pourra loger les 800 000 habitants de la Métropole ! Mais cela nécessite de la concertation.

Concilier ces objectifs vertueux avec les besoins de production de logements d’un territoire en pleine croissance, comme le nôtre, sera un énorme challenge!

L’aéronautique a été durement impacté par la crise sanitaire. Comment s’organise le retour à la croissance ? 

En 2020, le chiffre d’affaires aérospatial a diminué de 32 %. Dans le même temps, la baisse des effectifs a été quatre fois moindre (-8 %), les sociétés ayant largement fait appel aux dispositifs d’aides, notamment à l’activité partielle. En 2021 et 2022, malgré les soubresauts de la crise sanitaire, l’activité des constructeurs aéronautiques, au 1er plan desquels Airbus, a rebondi avec l’atteinte des objectifs fixés en début d’année, soit 600 avions.

Pour faire face à la reprise annoncée, l’avionneur Européen vient d’annoncer un plan de recrutement d’environ 6 000 embauches, dans le monde, sur l’ensemble du groupe. Au niveau des commandes, Airbus a enregistré plus de 500 commandes nettes. C’est une très bonne nouvelle, complétée par de nombreuses commandes lors du Dubaï Air Show de novembre dernier, mais aussi par d’importantes commandes d’Air France/KLM et de Qantas.

Airbus a annoncé officiellement l’arrivée, d’ici fin 2022, de la ligne d’assemblage au sein de l’usine Jean-Luc Lagardère dédiée à l’A321 et à l’A320, des avions qui sont de véritables succès commerciaux pour laquelle nous militions il y a déjà deux ans. Cela devrait permettre de créer plusieurs centaines d’emplois à Toulouse.

Par ailleurs, le programme A321 XLR, qui est encore à ses débuts, est prometteur et son entrée en service est prévue pour 2023. Si Hambourg a été choisi pour assembler le tout premier prototype, les usines Airbus de Toulouse seront bientôt amenées à en produire également .

Désormais, Airbus creuse l’écart avec Boeing, son rival américain historique avec une part de marché de 60 % jamais atteint. Nos avionneurs ont ainsi su se réorganiser et innover pour proposer des produits compétitifs répondant aux nouvelles demandes des compagnies aériennes. Sous l’impulsion d’Airbus, la filière aéronautique a donc un avenir sur notre territoire, renforcé par les travaux menés pour concevoir et construire un avion décarboné, que ce soit grâce à des carburants plus performants et moins émetteurs de GES, ou grâce à des innovations de rupture dans l’énergie utilisée ou les modes de décollage.

Doit on s’attendre à des retombées importantes de la Coupe Du Monde de rugby? Qu’en est il du projet de la cité du rugby? 

Nous avons, comme vous, hâte d’accueillir la Coupe du Monde 2023 à Toulouse, car nous allons à la fois pouvoir montrer la ferveur pour ce sport de la capitale européenne du rugby, mais aussi faire découvrir au monde les charmes et atouts de notre mode de vie, de notre gastronomie, de notre dynamisme économique et de notre capacité d’innovation.

Cette Coupe du Monde est une opportunité pour Toulouse de se faire reconnaître dans le monde, c’est aussi une opportunité pour le monde de découvrir nos talents !

La Cité des Rugbys est un projet initié par le Stade Toulousain, en lien avec la Région Occitanie, le Conseil Départemental de Haute-Garonne, Toulouse Métropole et la Mairie de Toulouse. Le projet est séduisant mais il doit obéir à un équilibre économique qui a nécessité et nécessite encore du travail. L’objectif est triple, à court terme contribuer à la préfiguration de la Coupe du Monde en organisant, au moment de cet évènement majeur, une présentation dynamique du projet sur le site, dans un second terme en édifiant une Cité des Rugbys en proximité du stade Ernest Wallon qui célèbrera ce noble sport tout en conservant une dimension humaine et en s’intégrant dans le quartier. Troisièmement, et en parallèle, le Stade Toulousain réfléchit, avec la Métropole, à des solutions pérennes, pour son développement, qui respectent le quartier et contribuent à son aménagement futur. L’arrivée de la troisième ligne de métro sur le site le rendra plus accessible tant pour les habitants que pour les visiteurs et les spectateurs. C’est donc une formidable opportunité pour bâtir un projet global autour du rugby et du bon-vivre dans ce quartier.

On connaît Toulouse pour ses avions mais une commission d’experts présidée par Marion GUILLOU et parrainée par Jean TIROLE propose 11 pistes pour assurer l’avenir de Toulouse Des axes prioritaires sont tracés avec les applications spatiales touchant au climat, aux mobilités décarbonées, aux biotechnologies à la médecine du futur. Dernier exemple concret de réussite avec l’institut universitaire du cancer de Toulouse – Oncopole (née après la catastrophe AZF) qui a traité un patient avec le vaccin thérapeutique TG4050. La Métropole compte-t-elle s’emparer de ses propositions pour communiquer sur les autres réussites toulousaines et faciliter l’implantations de pool de compétences autour de ces axes ?

J’ai imaginé cette commission indépendante de 12 experts, baptisée Toulouse Territoire d’avenir : cette idée est née de mon envie de mettre à profit cette période particulière de pandémie pour assurer la pérennité et le développement de nos emplois, de construire une vision partagée de la Métropole que nous voulons, et de repenser collectivement le monde de demain. J’ai souhaité y associer la Présidente de la Région Occitanie, Carole DELGA, qui a accepté ma proposition et m’a apporté son appui.

Pour faire de la capitale occitane un territoire plus innovant, plus durable et plus inclusif, ainsi que pour lui permettre de jouer un rôle moteur dans l’avenir et de faire face à cette crise, la commission a donc formulé 11 propositions. Et nous avons déjà donné des suites concrètes au rapport “Toulouse, Territoire d’Avenir” (TTA), qui trouve des concrétisations

o Vilagil

o Evotec à l’Oncopole

o Francazal sur les technologies pour des mobilités décarbonés : Aura Aero, Airplane, Easymile, Ascendance.

Notre action vise tout d’abord à soutenir le développement endogène de nos acteurs locaux, grâce aux :

o Pépinières;

o investissements en capital-risque autour de fonds d’investissements.

Nous continuons également à chercher à attirer des entreprises, des centres de recherche, des centres de formation, pour conforter nos filières et nos pôles d’excellence :

o Santé, Economie Sociale et Solidaire, aéronautique, spatial, services numériques;

o Evotec, centre de commandement de l’Otan. 

Vous aviez annoncé des travaux sur l’ancienne base de Francazal pour le futur centre d’expérimentation et de démonstration des mobilités terrestres et aériennes du futur, auto- nomes et décarbonées. Ses travaux ont-ils commencé et dans le concret la passerelle inter- entreprises pour une meilleure collaboration entre ETI a-t-elle été mise en place ?

En janvier 2020, Toulouse Métropole a racheté à l’État la partie sud de la base aérienne 101 de Toulouse-Francazal située sur la commune de Cugnaux. Voisine de l’aérodrome, cette parcelle de 38 hectares accueillera d’ici 2025 un pôle “laboratoire” et un village test où seront conçues et expérimentées les mobilités du futur. Cette reconversion de l’ancienne base de l’armée de l’air en territoire dédié à l’innovation contribuera à la diversification de l’économie toulousaine.

Le site de Francazal poursuit « l’avion vert », En effet, les entreprises implantées sur le site sont de véritables pépites industrielles qui innovent à grande vitesse vers une aviation décarbonée. Je pense notamment à Aura Aéro, qui a conçu et produit un modèle d’avion électrique à courte portée, idéal pour des transports régionaux, et avec un taux d’émission de carbone extrêmement bas. Pionnière de l’aviation, Toulouse est aujourd’hui à l’avant-garde de sa mutation vers une meilleure prise en compte des enjeux écologiques, et j’en suis très heureux.

Sous l’impulsion de ma collègue Vice-présidente de Toulouse Métropole, Agnès PLAGNEUX-BERTRAND, nous assurons une coordination des acteurs présents sur le site, dans le but de favoriser une émulation collective et créative.

La crise financière engendrée par le COVID a retardé pour 2028 la troisième ligne de métro qui doit relier Colomiers à Labège sur 27 kilomètres. La crise étant toujours là, ce projet sera- t-il mené à son terme ?

La crise sanitaire a effectivement occasionné d’importantes pertes de recettes fiscales pour la Collectivité, et celles-ci n’ont été que très partiellement compensées par l’Etat. Cette réalité nous a obligés à lisser l’agenda du projet de 3ème ligne de métro entre Colomiers et Labège, une inauguration prévue en 2028. Je tiens à rappeler qu’à l’heure de la transformation écologique de notre mode de vie, ce projet va permettre le retrait de 80 000  véhicules individuels par jour de nos voiries, ce qui est un gain considérable en termes d’apaisement de l’espace public, de qualité de l’air et de fluidité de la circulation.

Il faut également vous rassurer, et vous dire que les délais sont tenus : 2022 marquera l’aboutissement de l’enquête environnementale, ainsi que l’attribution des marchés de gros œuvre. Le projet entre dans sa phase opérationnelle et va donc prendre forme petit-à-petit sous les yeux des Toulousains. Les pré-travaux ont débuté et sont visibles en certains endroits.

Avec la crise sanitaire, le départ des médecins en retraite, l’enjeu d’avoir une médecine de proximité va être un défi du « quotidien » pour lutter contre les déserts médicaux. A l’image du mécanisme Zone Franche Urbaine – Territoires Entrepreneurs, la Métropole peut-elle créer ou militer pour un système incitatif å l’installation de médecins ?

Lors de la dernière élection municipale, nous avions pris l’engagement d’agir pour que chaque quartier soit doté d’une maison de santé pluridisciplinaire car c’est une des solutions qui fonctionne pour faire face à la baisse de la démographie médicale. Cet objectif rejoint tout à fait notre priorité municipale visant à offrir aux Toulousains tous les services nécessaires du quotidien au plus près de chez eux.

Dans ce cadre, nous échangeons, quartier par quartier, avec les professionnels médicaux et para- médicaux déjà présents dans les territoires, et de nouveaux professionnels souhaitant s’installer, pour créer des dynamiques collectives.

Certains projets ont déjà bien avancé, d’autres sont en cours de formalisation, mais notre détermination sur le sujet, la santé étant une préoccupation majeure des Toulousains, est totale.

Lors d’un point presse, vous aviez affirmé une stabilité de la pression fiscale tout en évoquant deux autres réflexions sur la table : une hausse de la taxe d’aménagement, redevable par les entreprises et les particuliers pour tout projet d’aménagement ou immobilier ainsi que l’instauration d’une nouvelle taxe liée à une nouvelle compétence de la Métropole, la taxe GEMAPI, qui vise notamment à lutter contre le risque inondations. Ces réflexions ont-elles avancées ?

Ainsi, nous respecterons notre engagement électoral de stabilité fiscale globale : donc pour ce qu’il reste de la Taxe d’Habitation (TH), pour l’ensemble constitué par la Taxe Foncière (TF) et la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM), pour la cotisation Foncière des Entreprises (CFE) et pour la cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE). Sur la fiscalité relative à l’urbanisme, nous souhaitons rationaliser les périmètres de taxe d’aménagement majorée (TAM) et l’instaurer partout où la croissance démographique engendre un surcroît de besoin en équipement. L’objectif est ainsi d’éviter que la croissance démographique nuise à la qualité de vie.

De plus en plus de communes demandent l’instauration de cette TAM.

Pour comprendre celle-ci, écoutons ce que nous disent nos concitoyens : l’urbanisation doit désormais être de qualité et s’accompagner de services et d’infrastructures. Or, ces attentes ne se traduisent pas des investissements, donc des coûts qu’il faut couvrir par des recettes. Tout cela au bénéfice des habitants et de leur qualité de vie. Concernant la Taxe GEMAPI, nous en avons adopté le principe en avril 2021, et le budget annexe a été créé en octobre.

Dans un contexte où le dérèglement climatique est susceptible d’amener des épisodes catastrophiques de pluviométrie et parfois de crue, il est indispensable de faire les bons investissements structurels pour protéger la population : gestion du ruissellement, aménagement des berges fluviales, bassins de rétention. C’est un défi que les intercommunalités doivent prendre en compte avec beaucoup de rigueur et d’engagement, ce que nous faisons à Toulouse Métropole.

Cette taxe représentera moins de 10 euros par habitant et par an. La récente crue de la Garonne nous rappelle que la lutte contre les inondations doit être prise très au sérieux, et c’est pourquoi nous nous dotons d’outils budgétaires qui nous mettrons en capacité d’agir très concrètement.

Après l’annulation du PLUI-H par le tribunal administratif et votre décision de lancer un nouveau PLUI-H, où en est la Métropole à Toulouse pour faire face à l’augmentation de la population ? Vous avez intégré la commission Rebsamen chargée de trouver une batterie de mesures face au ralentissement de la construction. Vous avez exprimé une volonté de verticaliser les constructions et de les élever. Que répondez-vous à ceux qui craignent cette densification ?

Le défi climatique va nous amener à des évolutions, et la Loi Climat et Résilience votée par le Parlement puis entrée en vigueur en août 2021 va accélérer le rythme de ces évolutions. Nous ne pouvons plus nous permettre de consommer des terres agricoles pour construire des zones pavillonnaires. Les dégâts écologiques sont trop grands. Il faut aussi plus préserver la nature pour que nos villes soient plus respirables et aérées. Puisque pour faire face à la très forte demande de logements, il nous faut continuer à construire, la contrepartie, c’est de construire plus haut, pour laisser plus d’espace à la nature au sol. J’ai conscience que les Toulousains sont habitués à une ville plutôt basse souvent faite de pavillons. A nous de prouver que notre ville peut conserver son identité tout en permettant, à certains endroits, de « monter plus haut » et de construire un peu plus de densité, mais sans la densification outrancière et agressive dont je ne veux pas.

Ce sera un effort à fournir pour tous. Les constructeurs doivent s’engager pour des logements de meilleure qualité, plus écologiques, plus fonctionnels tandis que l’architecture doit être plus belle et plus qualitative. Les Toulousains doivent, eux, comprendre qu’on ne peut pas toujours aspirer à la fois à la nature en ville et à une ville constituée uniquement de maisons individuelles. Ce n’est pas ainsi qu’on pourra loger les 800 000 habitants de la Métropole ! Mais cela nécessite de la concertation.

Concilier ces objectifs vertueux avec les besoins de production de logements d’un territoire en pleine croissance, comme le nôtre, sera un énorme challenge !

En 2020, vous évoquiez la rénovation thermique de 7 000 logements par an en ciblant des quartiers et des immeubles prioritaires. Vous évoquiez en 2021 la mise en place en septembre 2021 d’un « guichet unique métropolitain ». Diagnostic, analyse des devis, recherche de financements, réalisation des travaux…
En 2022, cette sobriété énergétique s’exprime-t-elle dans le concret sur le terrain et les entreprises locales ou régionales spécialisées dans la RT2012 sont-elles associées dans ce dis- positif ?

La rénovation énergétique des bâtiments est un vecteur très important de notre transition écologique. Un logement mal isolé est un logement qui creuse notre déficit en émission carbone. L’année 2022 va incarner un tournant pour notre action en faveur de la rénovation. Ce mois de février verra I‘ouverture d’une Maison des Energies qui permettra à chaque habitant de la Métropole de bénéficier d’un conseil personnalisé pour recevoir toutes les aides disponibles de la part de l’ensemble des collectivités et de l’État. C’est un effort sans précédent.

Cette Maison de l’Energie se situera sous l’arche Marengo, en face de la Médiathèque José CABANIS, dans un point central de notre Métropole. J’ai d’ailleurs développé ce point lors de la conférence que nous avons organisée le 20 janvier.

Notre ambition pour la rénovation est donc renforcée et, nous réalisons bien que l’enjeu principal est d’apporter de la visibilité et de la lisibilité à tous les dispositifs disponibles. C’est pourquoi nous avons concentré nos efforts sur la réalisation de ce guichet unique, avec l’aide précieuse de la Région et de l’Europe.

Les Grands Chantiers 

Toute crise a souvent permis de mettre en place une politique de Grands chantiers, génératrice d’emplois. Toulouse s’inscrit dans cette logique avec 10 grands chantiers pour 2022 dont la 3-ème ligne de métro ou l’île du Ramier.

En 2020 afin d’aider les entreprises locales à décrocher des marchés publics, le seuil en-deçà duquel il est possible de conclure un marché sans publicité ni mise en concurrence préalables a été relevé de 25 000 € à 40 000 € HT. Comment la Métropole peut utiliser tous les outils pour aider les entreprises locales ou régionales pour participer à ces grands projets ? Avez-vous pu quantifier les retombées économiques en termes d’emplois et d’heures de travail ?

Dans la continuité du Small Business Act, la charte des marchés publics, adoptée en novembre 2014, facilitant l’accès à la commande publique des PME et véritable levier pour le développement économique et pour l’emploi, nous avons favorisé l’ouverture à la concurrence des marchés de travaux d’un montant inférieur à 80 000 € HT, avec publication sur la plateforme dématérialisée pour une durée minimale de 15 jours, et diffusion auprès des organismes consulaires et professionnels.

Nous avons également permis l’allègement, voire la fin dans certains cas, du formalisme des procédures de publicité et de mise en concurrence pour ces marchés aux montants modestes. Notre objectif : donner de la lisibilité aux entreprises locales sur les commandes à venir et favoriser, par la simplification administrative, leur réponse aux appels d’offres.

Avec ce dispositif, nous avons favorisé la réponse des entreprises locales à nos marchés publics, ainsi que la création d’emplois locaux. Toutefois, nous ne disposons pas à ce stade de chiffres précis, seulement des retours d’entreprises locales qui ont pu avoir accès à nos marchés publics, ce qui a permis de booster leur activité dans une période délicate.

On peut légitimement s’interroger sur le fait de savoir si la transition écologique peut se conjuguer avec le développement économique d’un territoire. La création de nouvelles zones d’activités ou le développement de l’économie circulaire peuvent-elles être une réponse dans cette équation ? 

La transition écologique doit avoir pour objectif de limiter drastiquement les émissions de gaz effet de serre. Cette ambition pourra être atteinte seulement avec l’apport de progrès technologiques, notamment par le développement d’énergies propres, et par des technologies qui favorisent la sobriété énergétique.

Les entreprises du territoire se mobilisent en ce sens par la création et le développement de solutions – notamment dans les champs de la mobilité terrestre ou aérienne. Nous les accompagnons dans nos compétences par la mise en place de zone d’activités économiques. Celles-ci favorisent le développement d’innovations grâce à l’émulation permise par des écosystèmes mettant en relation formation, recherche et industrie.

L’exemple le plus parlant est l’action que nous menons à Francazal avec des entreprises qui développent des avions électriques, des aéronefs à décollage vertical, un centre de recherche sur l’hydrogène.

Cette mise en relation des acteurs en vue de production d’innovations et de modes d’organisation différents répond également aux principes de l’économie circulaire que nous essayons de développer sur l’ensemble de notre territoire, en sensibilisant les acteurs et en participant activement à des appels à projets européens sur le sujet. C’est le cas, par exemple, de la déconstruction du parc des expositions.

Que peut-on se souhaiter pour 2022 ?

Pour cette nouvelle année, je souhaite que puisse s’éloigner le plus possible le spectre de la crise sanitaire, afin que se confirme et se conforte le rebond économique que nous avons connu à la fin de l’année 2021, qui est aussi une excellente nouvelle pour l’emploi. C’est au travers de l’engagement des citoyens dans le vivre ensemble, l’engagement de nos entreprises dans l’innovation, l’engagement des pouvoirs publics dans le soutien aux initiatives que nous construirons, tous ensemble !

Propos recueillis par Jean-Louis Chavoillon avant la guerre en Ukraine.

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